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Schéma unifilaire et schémas d'armoire : ce que contient un dossier d'exécution électrique

techingenierie
1 sept.
5 min de lecture

Le chantier est lancé, le matériel est commandé, et le tableautier renvoie le dossier : impossible de fabriquer l'armoire en l'état. Les calibres ne sont pas figés, les repères de câbles ne correspondent pas au plan de cheminement, la réserve d'extension n'est indiquée nulle part. Le lot électrique prend plusieurs semaines de retard sur un problème qui n'a rien de technique : le dossier d'exécution était incomplet.

Le schéma unifilaire et les schémas d'armoire sont les deux pièces qui font tenir ce dossier. Voici ce qu'ils contiennent réellement, ce qui doit les accompagner, et les erreurs qui font revenir un dossier d'exécution électrique en correction.

Le schéma unifilaire : la colonne vertébrale du dossier

Le schéma unifilaire représente l'installation avec une seule ligne par circuit, quel que soit le nombre de conducteurs. Il part de la source — poste de livraison, TGBT, groupe électrogène, onduleur — et descend jusqu'aux tableaux divisionnaires puis aux départs terminaux. C'est le document que lisent en premier le bureau de contrôle, la maîtrise d'œuvre et le tableautier.

Un unifilaire exploitable porte, pour chaque départ : le repère, la nature et le calibre de la protection, son pouvoir de coupure, la section et le type de câble, la longueur, le mode de pose et le repère de l'équipement alimenté. Ces valeurs ne s'inventent pas, elles sortent du dimensionnement des câbles et des protections et des hypothèses posées en amont. Un unifilaire sans calcul derrière lui est un dessin, pas une pièce d'exécution.

Ce que contient un jeu de schémas d'armoire

Là où l'unifilaire décrit la logique de distribution, les schémas d'armoire décrivent l'objet à fabriquer. Un jeu complet comprend :

  • la face avant et l'implantation intérieure cotées, avec l'encombrement hors tout, le cheminement des jeux de barres et les réserves d'extension ;

  • les schémas de puissance départ par départ, avec repérage des bornes et des conducteurs ;

  • les schémas de commande et de signalisation : contacteurs, relayage, report de défaut, télécommande, asservissements ;

  • la nomenclature du matériel : marque, référence, calibre, courbe, nombre de pôles ;

  • le bornier de raccordement, avec le repérage exact des câbles arrivant du chantier ;

  • les caractéristiques assignées de l'ensemble : indices IP et IK, forme de séparation, courant assigné, tenue aux courts-circuits.

La forme de séparation, au sens de la NF EN 61439-2, et la tenue assignée de courte durée pèsent sur le prix de l'armoire autant que le nombre de départs. Les omettre dans le dossier, c'est laisser le tableautier chiffrer au minimum, puis facturer l'écart en travaux modificatifs.

Unifilaire, multifilaire, schéma développé : ne pas confondre

  • Unifilaire : une ligne par circuit, vision d'ensemble de la distribution. Sert au dimensionnement, au contrôle et à l'exploitation.

  • Multifilaire : tous les conducteurs représentés. Sert au câblage physique de la puissance dans l'enveloppe.

  • Schéma développé : les circuits de commande éclatés par fonction, sans respect de l'implantation. Sert à comprendre et à dépanner l'automatisme.

  • Schéma d'implantation : la position réelle des appareils dans l'armoire. Sert au montage et à la maintenance.

Ces documents décrivent la même armoire à des niveaux de détail différents. Un dossier d'exécution qui n'en fournit qu'un seul oblige l'entreprise à reconstituer les autres sur le chantier : c'est là que naissent les écarts entre le plan et l'installation réellement posée.

Les pièces qui accompagnent les schémas

  • la note de calcul justifiant sections, protections, chutes de tension et courants de court-circuit ;

  • le bilan de puissance et les hypothèses de foisonnement retenues ;

  • l'étude de sélectivité, dès qu'une continuité de service est exigée ;

  • les plans de cheminement et de réservation, coordonnés avec les autres lots ;

  • le carnet de repérage des câbles, cohérent avec les étiquettes posées sur site ;

  • la synthèse des contraintes d'ambiance du local technique : température, poussière, humidité, accessibilité.

Un bilan de puissance construit charge par charge et une note de calcul à jour sont les deux pièces réclamées systématiquement avant la mise en service. Les produire après coup, une fois l'armoire fabriquée, revient à justifier des choix déjà figés.

Ce que le tableautier attend pour chiffrer sans réserve

  • un unifilaire avec calibres, courbes et pouvoirs de coupure définitifs ;

  • la marque et la gamme d'appareillage imposées, ou la mention explicite qu'un équivalent est accepté ;

  • la forme de séparation, les indices IP et IK, le mode d'installation (adossée, accolée, îlot) ;

  • le taux de réserve exigé, exprimé en modules libres et en volume disponible ;

  • les contraintes d'accès du local : passage de porte, hauteur libre, moyens de manutention.

Ces cinq points suffisent à transformer un devis « sous réserve d'étude » en prix ferme. Ils permettent aussi de comparer deux offres de tableautiers sur une base identique, ce qui est impossible quand chacun a comblé les blancs du dossier à sa façon.

Les erreurs qui font rejeter un dossier d'exécution

  • des repères de circuits différents entre l'unifilaire, les schémas d'armoire et le plan de cheminement ;

  • des calibres modifiés en cours d'étude et non répercutés sur la note de calcul ;

  • un pouvoir de coupure retenu sans courant de court-circuit calculé au point considéré ;

  • aucune réserve d'extension, alors que le CCTP en impose une ;

  • un jeu de schémas livré en PDF seul, sans fichier source exploitable pour le DOE ;

  • des indices de protection incompatibles avec l'ambiance réelle du local.

Ces motifs de rejet ont un point commun : ils ne se voient pas sur une pièce isolée, ils apparaissent à la confrontation des documents entre eux. C'est pourquoi une note de calcul électrique tenue à jour vaut mieux qu'un jeu de plans soigné mais désynchronisé.

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Questions fréquentes

Le schéma unifilaire est-il obligatoire ?

La NF C 15-100 demande que le schéma de l'installation soit établi et tenu à jour. En pratique, aucune vérification initiale ni mise en service ne se déroule correctement sans un unifilaire exploitable : c'est la première pièce demandée par le vérificateur.

Quelle différence entre schéma d'exécution et schéma de récolement ?

Le schéma d'exécution est celui sur lequel l'entreprise construit. Le schéma de récolement, remis au DOE, décrit l'installation telle qu'elle a réellement été posée, modifications de chantier comprises. Les deux diffèrent presque toujours : ne pas mettre le second à jour fait perdre la traçabilité pour toute la vie du bâtiment.

Qui produit les schémas d'armoire : le bureau d'études ou le tableautier ?

Les deux, à des moments différents. Le bureau d'études fournit l'unifilaire et les prescriptions ; le tableautier établit les schémas de fabrication de son ensemble et les soumet au visa. Le point de vigilance est justement ce visa : sans retour formel, l'armoire part en fabrication sur une hypothèse.

Sous quel format faut-il livrer les schémas ?

Un PDF pour la diffusion et le visa, plus un fichier source modifiable (DWG ou format du logiciel de schématique) pour les mises à jour et le récolement. Exiger le format source dès la commande évite de tout refaire à la première modification de chantier.

 
 
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